Compagnie de l'AlambicChristian Bourigault
L'autoportrait de 1917Solo - 1990présentation![]() A partir de la métaphore d’une autre œuvre artistique, celle du peintre viennois Egon Schiele (1890-1918), Christian Bourigault développe à la fois son propre langage corporel (distorsion du dessin, fluidité du mouvement) et étudie la question du rapport entre l’écriture du mouvement et la théâtralité en danse.
intentionsA l'origine, il y a mon questionnement en tant que danseur-interprète sur les concepts d'écriture et de théâtralité dans la danse, plus précisément, comment, en partant de l'écriture du mouvement, arriver à une certaine théâtralité ? Puis, j'ai repensé à Egon Schiele et en particulier à cet autoportrait daté de 1917 dit "avec la chemise à carreaux" où la forme du corps est très cassée, et la position du cou désarticulée comme si la tête allait tomber, les bras anguleux, les doigts exagérément longs, le rythme scandé par les cassures des articulations, enfin les lignes très dessinées... C'est tout ce travail sur le trait qui fait l'originalité de l'expressionnisme de Schiele. Entre la ligne et l'expressivité, il y avait là un raccourci qui m'a fait penser qu'un travail chorégraphique à partir de Schiele pouvait me donner des éléments de réponse par rapport à mon questionnement premier. Ce solo est d'abord l'étape de l'autoportrait avec
tout ce que cela comporte de narcissisme, le mien, dans le plaisir
d'une sculpture du corps et d'une gestuelle fluide.
distribution![]()
Production Coproduction Avec le soutien de Marseille Objectif Danse
presse"A la Bastille : du bon, du beau, du Bourigault...", D. Pillette, Danser n°85Christian Bourigault, que l'on connaissait comme danseur de la Compagnie Bagouet, a gagné haut la main ses galons de chorégraphe en se produisant au Théâtre de la Bastille dans un solo remarquable. Inspiré d'une toile du peintre Egon Schiele, L'Autoportrait de 1917 fait évoluer, sur fond de valses de Vienne, un corps cassé, désarticulé, aux membres devenus étrangers les uns aux autres. Dislocation, dissociation qui reflètent bien la personnalité complexe de Schiele, artiste génial à l'œuvre obsédante dont Christian Bourigault donne une lecture sensible et intelligente. Sylvie de Nussac, Le Monde, 14 mai 1993L'autoportrait de 1917 est en passe de devenir une pièce culte : créée en octobre 1990, elle a déjà dépassé sa cinquantième représentation, fait rarissime pour une première œuvre. S'inspirant du peintre viennois Egon Schiele - et particulièrement de l'autoportrait dit avec la chemise à carreaux - Bourigault utilise savamment sa propre morphologie, longiligne et nerveuse, pour évoquer le trait anguleux, les coprs bizarrement étirés, disloqués du peintre. Le travail des bras, surtout, impressionne : les coudes, les poignets, les doigts se cassent, reprenant la stratégie de l'araignée qui se recroqueville pour se laisser tomber. Souvent, ces bras passent derrière la tête, les mains frôlent les joues, voilent les yeux ou la bouche : gestes inquiétants, presque fous. Cette calligraphie sait exprimer sans le moindre pathos les angoisses, les contradictions, la détresse secrète d'Egon Schiele. Une réussite.
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