Compagnie de l'AlambicChristian Bourigault
F. et Stein réinterprétationSolo/Duo pour un danseur et un guitariste - 2000intentions![]() ![]() Réinterpréter aujourd'hui F. et Stein, créé en 1983 par Dominique Bagouet, est un désir qui s'inscrit à la fois par rapport à mon histoire d'interprète dans la compagnie de Dominique entre 1985 et 1988 et par rapport à ma propre recherche de chorégraphe et d'interprète. Réinterpréter F. et Stein, c'est montrer aujourd'hui une autre face de l'oeuvre de Bagouet : celle de la faille, de la déchirure, de la démesure, de l'extravagance, de la dislocation, de la maladresse, de l'humour. Réinterpréter F. et Stein, c'est montrer, derrière l'écriture chorégraphique des pièces de groupe, «l'homme qui danse» pour reprendre une des expressions favorites de Dominique, un artiste avec qui j'ai partagé un bout de chemin et que j'avais envie de retrouver "le temps d'une petite danse". Christian Bourigault
distribution
avec l'accord des Carnets Bagouet Production Coproduction Avec l'aide du Conseil général de la Seine-Saint-Denis et de la ville de Noisy-le-Grand Remerciements à l’Apostrophe - Scène nationale de Cergy Pontoise, Centre Chorégraphique National de Rennes et de Bretagne, Dieppe - Scène nationale
presse"La nuit d'un mort bien vivant", Laurence Perez, Zibeline, décembre 2007
Travaux des Bernardines obligent, c'est au cœur du 15e arrondissement que le spectacle de Christian Bourigault a trouvé refuge. «Au théâtre Trotsky», croit savoir une jeune fille assise dans le bus qui nous conduit vers cette nouvelle escale d'Olé. Elle se trompe, mais pas tout à fait. C'est au studio Kelemenis que nous allons, mais c'est bien un révolutionnaire qui nous attend au bout du chemin : Dominique Bagouet, Pierrot lunaire qui bouleversa la danse contemporaine des années 80. "Inquiétante étrangeté", Agnès Izrine, Danser, janvier 2001En quelques accords de guitare électrique, Sven Lava occupe tout l’espace : un lieu étrange, déjanté, disjoncté. Une créature fait son apparition : entre fantomatique et gaguesque, distillant un sentiment de malaise. Toute l’atmosphère de F. et Stein, œuvre créée par Dominique Bagouet en 1983, est là. Une sorte d’équilibre au bord du vide, un chaos organisé sinon organique, frôlant la folie, même burlesque, que suscite la réunion dans un même corps de la créature et du créateur. Bien sûr, Christian Bourigault, en reprenant F. et Stein, lui a insufflé sa propre personnalité : plus inquiétante et moins étrange. Il donne de la gravité là où Bagouet, léger comme un elfe, semblait se moquer d’une grâce éphémère. Mais c’est justement à cet effet d’après-coup que tient l’intelligence de cette reprise : la dernière page donne tout son sens au livre. "«F. et Stein», le solo tonitruant de Dominique Bagouet", Dominique Frétard, Le Monde, 23 novembre 2000Christian Bourigault reprend la chorégraphie, dix-sept ans après sa création, avec le guitariste Sven Lava. En 1982, après une vingtaine de créations dont Grand Corridor, Voyage organisé et Insaisies, Dominique Bagouet se met à douter des valeurs qui fondent son travail depuis 1976 : élégance, narration soignée, goût pour les personnages bien définis. Il se lance dans F. et Stein (qu'il créera en février 1983) avec l'envie furieuse de déchaîner au grand jour, et en solo, l'excès qui l'habite. Avec un instinct très sûr, Bagouet fait confiance à Sven Lava, jeune guitariste plus punk que punk, pour accéder aux désordres et au chaos tant désirés. Estomaqué, le public découvre un chorégraphe qui s'adonne avec joie, mais non sans souffrance, aux clowneries, à l'expressionnisme outrancier, sans craindre le ridicule. Dix-sept ans après la création de ce solo, Christian Bourigault, ex-danseur de la compagnie Bagouet, a souhaité le réinterpréter en s'appuyant sur une vidéo de Charles Picq. Comment F. et Stein, œuvre d'exorcisme et de circonstances, peut-il survivre, animé par une autre énergie, une autre nécessité ? On est à l’Espace Michel Simon, à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), coproducteur du projet (et lieu de travail de Christian Bourigault). Sven Lava toujours à la guitare a conservé en dandy son côté épingle de nourrice dans les oreilles. Sa musique est la mémoire qui relie au passé. Sa présence d’homme mûr, assagi peut-être, habite toute la scène. D’entrée de jeu, il avertit par quelques rafales de sons que la pièce ne sera pas de tout repos. Une silhouette engoncée, sans visage, surgit de l’ombre, se guidant avec ses seules mains, écoutant la musique du bout des doigts. La scène est un no man’s land de parpaings et de plastique. Tout est en chantier. La guitare, à coups d’électrochocs, insuffle vie à la forme. Le corps se tétanise. Musicien et danseur se guettent, leurs forces s’égaliseront. Christian Bourigault danse à la fois Frankenstein – il est vêtu en chirurgien – et le monstre dément qu’il engendre. Sven Lava tente une opération de séduction avec une ligne soudain très mélodique. Il va jusqu’au silence, mais la créature a besoin de sa haute dose musicale. Manque de chair
Si l’on sent l’émotion, la danse manque de chair.
Dans cette reprise, c’est l’équilibre fracassant
entre musique et mouvement qu’on retient. On voit davantage la
construction, on suit plus la musique qu’on ne remarque
l’interprétation. L’inverse de ce qui
s’était passé au moment de la création,
où le jeu de Bagouet, à la limite de la psychanalyse,
fascinait trop pour qu’on soit vraiment attentif au reste.
vidéoChristian Bourigault parle de F. et Stein et Masculin Pluriel, du lien entre ces deux «pièces de l'écart», présentées les 11 et 12 avril 2008 au Forum de Blanc-Mesnil.
dossierTélécharger le dossier du spectacle au format PDF (156Ko) :![]()
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